Diagnostic
Comment lire son DPE et identifier les passoires thermiques
7 min de lecture
Étiquettes énergie et climat, classes A à G, nouveau calcul 2026, obligations locatives 2025-2034 : tout comprendre du DPE.
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu le document central de toute opération immobilière et de toute demande d'aide à la rénovation. Mais entre les deux étiquettes, les sept classes et les changements de méthode de calcul, sa lecture peut intimider. Voici comment décrypter le vôtre.
Qu'est-ce que le DPE exactement ?
Le DPE est un document officiel qui évalue la performance énergétique d'un logement. Il est obligatoire pour toute vente ou mise en location, et est désormais exigé pour toute demande d'aide MaPrimeRénov' depuis 2026.
Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, indépendant, qui se déplace au logement pour évaluer son enveloppe (murs, toiture, fenêtres), ses équipements (chauffage, eau chaude, ventilation) et estimer sa consommation théorique. Sa durée de validité est de 10 ans, sauf en cas de travaux significatifs qui peuvent justifier un nouveau diagnostic.
Les deux étiquettes du DPE
L'étiquette énergie (consommation)
Elle mesure la consommation d'énergie primaire du logement, exprimée en kWh par m² et par an. Elle va de la classe A (logement très économe, moins de 70 kWh/m²/an) à la classe G (logement très énergivore, plus de 420 kWh/m²/an).
L'étiquette climat (émissions de gaz à effet de serre)
Elle mesure les émissions de CO₂ générées par le logement, exprimées en kg de CO₂ équivalent par m² et par an. Elle utilise la même graduation de A à G, mais ne reflète pas la même réalité : un logement chauffé à l'électricité peut être classé en énergie correcte mais en climat excellente (peu d'émissions), tandis qu'un logement chauffé au fioul aura souvent une étiquette climat très dégradée.
Depuis 2021, c'est la moins bonne des deux étiquettes qui détermine la classe globale du logement. Un logement classé C en énergie mais F en climat sera officiellement classé F.
| Classe | Conso (kWh/m²/an) | Profil typique |
|---|---|---|
| A | ≤ 70 | Maison passive, BBC neuve |
| B | 71 - 110 | Construction RT 2012 performante |
| C | 111 - 180 | Logement bien isolé, chauffage moderne |
| D | 181 - 250 | Standard moyen, isolation correcte |
| E | 251 - 330 | Isolation faible ou équipement ancien |
| F | 331 - 420 | Passoire thermique |
| G | > 420 | Passoire thermique critique |
Le nouveau calcul 2026 : 850 000 logements reclassés
Au 1er janvier 2026, la méthode de calcul du DPE a évolué. Le coefficient de conversion de l'électricité, qui permet de passer de la consommation finale (ce qui sort de la prise) à la consommation primaire (ce qu'il a fallu produire en centrale), est passé de 2,3 à 1,9.
Pourquoi ce changement ? Le mix électrique français étant largement décarboné (nucléaire et renouvelables), le coefficient précédent était jugé trop pénalisant pour les logements chauffés à l'électricité. Conséquence : environ 850 000 logements ont vu leur classe énergétique s'améliorer mécaniquement, sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé.
Bon à savoir
Si votre DPE date d'avant le 1er janvier 2026, vous pouvez télécharger une attestation de nouvelle classe sur le site de l'Observatoire de l'Ademe. Cette attestation est valable pour vos démarches MaPrimeRénov' 2026 sans avoir à refaire le diagnostic.
Qu'est-ce qu'une passoire thermique ?
On appelle « passoire thermique » un logement classé F ou G au DPE. Ce sont les logements les plus énergivores du parc français : forte consommation, factures lourdes, inconfort thermique, et émissions élevées.
Selon les estimations, environ 4,8 millions de logements en France étaient classés F ou G avant la réforme 2026. Le reclassement de janvier 2026 a fait diminuer ce chiffre, mais le sujet reste majeur — d'autant que les passoires thermiques font désormais l'objet d'obligations légales strictes.
Les obligations légales pour les propriétaires bailleurs
- Depuis le 1er janvier 2023 : les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an sont interdits à la location
- Depuis le 1er janvier 2025 : tous les logements classés G sont interdits à la location pour les nouveaux baux
- Au 1er janvier 2028 : interdiction de location pour les logements classés F
- Au 1er janvier 2034 : interdiction de location pour les logements classés E
Ces interdictions concernent les nouvelles locations et les renouvellements de bail. Pour un bail en cours, le propriétaire n'est pas obligé de mettre fin au contrat, mais il ne pourra pas augmenter le loyer tant que le logement reste une passoire thermique.
Comment améliorer la classe DPE de son logement
- Isolation des combles : peut faire gagner une demi-classe à une classe entière
- Isolation des murs (ITE ou ITI) : gain souvent supérieur à une classe
- Remplacement des menuiseries (double ou triple vitrage)
- Remplacement du système de chauffage : passer d'une chaudière fioul à une PAC peut faire gagner 2 à 3 classes
- Installation d'une VMC double flux : impact direct sur la consommation
- Production d'énergie renouvelable (panneaux solaires) : contribue à abaisser la consommation primaire affichée
Combien coûte un DPE en 2026 ?
Le prix d'un DPE n'est pas réglementé et varie selon la région, la taille du logement et la concurrence locale. Comptez en moyenne :
- DPE pour une maison : 150 à 250 €
- DPE pour un appartement : 100 à 180 €
- Audit énergétique (plus complet, obligatoire pour la rénovation d'ampleur) : 500 à 1 200 € — partiellement pris en charge par MaPrimeRénov'
Notre conseil
Avant d'engager des travaux, faites systématiquement réaliser un DPE récent (post-2026). C'est la base de toute décision rationnelle, et c'est désormais un prérequis administratif pour toute demande d'aide. Si votre DPE est ancien, demandez l'attestation de nouvelle classe gratuite avant de payer pour un nouveau diagnostic.
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